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Il m'aura fallu vingt-cinq ans pour réaliser deux choses : d'une part, je ne désire plus souffrir à cause d'un homme et d'autre part, mon seuil de masochisme a atteint son palier maximal. Non je ne souffrirai guère plus, en tout cas pas pour un homme.

Désormais, il faudra impérativement traverser une fosse métaphorique pleine de crocodiles Égyptiens affamés afin d'atteindre les rives de mon coeur. Il ne s'agira plus de laisser entrer tout le monde. Mon coeur n'est plus un moulin à vent mais un moulin qui brasse de l'eau et broiera sans pitié toute personne qui défiera cette nouvelle gravité. Mon coeur sera un navire de guerre, à la fois indestructible et monstrueux comme le cuirassé Yamato. Seuls les soldats les mieux équipés pour la guerre pourront prétendre à y embarquer et pour les moins bien lotis, ceux-ci seront manifestement jetés par dessus bord sans aucune autre forme de procès. C'est la sélection naturelle. Demandez à Darwin si j'ai tort.

On peut faire remarquer à tout public, mordu de psychologie, que cette tirade satirique traduit malgré elle beaucoup de souffrance.

L'auto-dérision symbolise mon elixir de jouvence. C'est une sorte de réflexe mécanique comme lorsque qu'un hérisson se roule en boule lorsqu'il a peur. J'ajouterais même à cette étrange métaphore qu'il vaut mieux être le premier à rire de soi surtout lorsqu'on chute très bas. 

Malgré cela, la vue est belle d'en bas et c'est aussi un angle d'observation plutôt intéressant. D'ici, je rassemble discrètement mes forces.

Si mon pouls indique que je suis encore en vie, alors je vais renouveller ma force de vivre. Demain est un jour nouveau.

Je sens au fond de mon coeur que je vais céder. Bientôt finalement je verrai le jour sous une perspective neuve comme une peau d'oignon pourrie qu'on vient d'éplucher et qui dévoile une couche d'oignoi neuve, épaisse et juteuse.