Ressentis négatifs d'une Asiatique très moche.

04 avril 2017

POINT D'OBSERVATION

 

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     Il m'aura fallu vingt-cinq ans, pour réaliser deux choses : D'une part, je ne désire plus souffrir à cause d'un homme, et d'autre part, mon seuil de masochisme a atteint son palier maximal. Non je ne souffrirai guère plus, en tout cas pas pour un homme. 

     J'ai longtemps donné trop d'importance à des numéros de cirque qui n'en valaient pas la peine, et j'ai appris avec l'expérience qu'il ne fallait jamais présenter son coeur sur un plateau d'argent. Non, il faut tout reprendre. Autant le coeur que le plateau d'argent. Il en va de soi. 

     Désormais, il faudra impérativement traverser une fosse métaphorique pleine de crocodiles Égyptiens affamés afin d'atteindre les rives de mon coeur.

     Il ne s'agira plus de laisser entrer tout le monde et n'importe qui. Mon coeur n'est plus un moulin à vent, mais un moulin qui brasse de l'eau, et broiera sans pitié toute personne qui défiera ce point de gravité nouveau.

    Ou alors, si vous préférez, mon coeur sera un navire de guerre, à la fois indestructible et monstrueux, comme le cuirassé Potemkine, ou le cuirassé Yamato. A ces déclarations on ne peut plus solennelles, seuls les soldats les mieux équipés pour la guerre pourront prétendre à y embarquer, et pour les moins bien lotis, ceux-ci seront manifestement jetés par dessus bord sans aucune autre forme de procès.

     C'est la sélection naturelle. Demandez à Darwin si j'ai tort.

     

     En définitive, on peut faire remarquer à tout public mordu de psychologie que cette tirade satirique traduit malgré elle beaucoup de souffrance. L'auto-dérision symbolise d'une manière signifiante mon elixir de jouvence, c'est une sorte de réflexe mécanique, comme lorsque qu'un hérisson se roule en boule pour se replier sur lui-même.

    J'ajouterais même à cette étrange métaphore animale, qu'il vaut mieux être le premier à rire de soi, surtout lorsqu'on chute très bas. 

     Malgré cela, la vue est belle d'en bas, et c'est aussi un angle d'observation plutôt intéressant. D'en bas, je rassemble discrètement mes forces. Si mon pouls indique que je suis encore en vie, alors je vais renouveller ma force de vivre. 

   Demain est un jour nouveau, et je me fortifie à mesure que les jours passent. 

   Je me recycle de manière intelligente, si bien que je serai bientôt prête à renaître sous une forme hybrique et bien plus performante. Par conséquent, cette situation (à première vue sordique) représente pour moi l'opportunité de renaître. 

   Je sens, au fond de mon coeur, que je vais céder. Céder au temps et à la vie, et que bientôt finalement, je vais voir le jour sous une perspective neuve, comme une peau d'oignon pourrie qu'on vient de retirer, et qui laisse place à une couche d'oignon neuve. 

    En définitive, je conçois la vie telle qu'elle est: D'une part opiniâtre et moqueuse, et d'autre part rose et pleine de merveilles.

    Moi, je suis une roche érodée, plantée sur le relief, quelque part, peut-être ici ou là. Une roche, ou alors une barrière de corails, toute rose, car c'est ma couleur préférée et forcément la barrière de corails force le respect posée à côté d'un vieux rocher tout pourri. 

    

Voilà, c'est moi. Angélique.   

 

 

 

       

Posté par Mechante à 22:42 - Permalien [#]