Ressentis négatifs d'une Asiatique très moche.

04 avril 2017

POINT D'OBSERVATION

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Il m'aura fallu vingt-cinq ans pour réaliser deux choses : d'une part, je ne désire plus souffrir à cause d'un homme et d'autre part, mon seuil de masochisme a atteint son palier maximal. Non je ne souffrirai guère plus, en tout cas pas pour un homme.

Désormais, il faudra impérativement traverser une fosse métaphorique pleine de crocodiles Égyptiens affamés afin d'atteindre les rives de mon coeur. Il ne s'agira plus de laisser entrer tout le monde. Mon coeur n'est plus un moulin à vent mais un moulin qui brasse de l'eau et broiera sans pitié toute personne qui défiera cette nouvelle gravité. Mon coeur sera un navire de guerre, à la fois indestructible et monstrueux comme le cuirassé Yamato. Seuls les soldats les mieux équipés pour la guerre pourront prétendre à y embarquer et pour les moins bien lotis, ceux-ci seront manifestement jetés par dessus bord sans aucune autre forme de procès. C'est la sélection naturelle. Demandez à Darwin si j'ai tort.

On peut faire remarquer à tout public, mordu de psychologie, que cette tirade satirique traduit malgré elle beaucoup de souffrance.

L'auto-dérision symbolise mon elixir de jouvence. C'est une sorte de réflexe mécanique comme lorsque qu'un hérisson se roule en boule lorsqu'il a peur. J'ajouterais même à cette étrange métaphore qu'il vaut mieux être le premier à rire de soi surtout lorsqu'on chute très bas. 

Malgré cela, la vue est belle d'en bas et c'est aussi un angle d'observation plutôt intéressant. D'ici, je rassemble discrètement mes forces.

Si mon pouls indique que je suis encore en vie, alors je vais renouveller ma force de vivre. Demain est un jour nouveau.

Je sens au fond de mon coeur que je vais céder. Bientôt finalement je verrai le jour sous une perspective neuve comme une peau d'oignon pourrie qu'on vient d'éplucher et qui dévoile une couche d'oignoi neuve, épaisse et juteuse. 

        

Posté par renaissancerose à 22:42 - Permalien [#]

12 novembre 2017

Le dauphin qui pétait et chiait entre deux cerceaux

 

 

 

 

Je me percevais avant telle qu'une simple masse vertébrée. Un mammifère parmi tant d'autres, doté d'un cachet asiatique et d'un label français. Je croyais fort en ma liberté. Pour moi, elle s'appliquait à tous les aspects de ma vie. Si vous me suiviez avant, vous vous souviendriez que je prenais un plaisir masochiste à vous dévoiler mes déboires amoureux. Le pouvoir de l'écriture me permettait de me soulager de mes souffrances intérieures. Je me sentais comme un jeune dauphin qui glissait et bondissait entre les vagues d'un océan et dont la nageoire dorsale chatoyait sous l'éclat du soleil. Hélas, à ma grande déception, je n'étais qu'un malheureux dauphin qui tournoyait et circulait de cerceau en cerceau dans un bassin profond de deux mètres. 

La relation que j'entretenais avec les hommes était consentie. Je m'étais décrétée objet du désir. Mon rôle dans la vie, qui équivalait métaphoriquement à une place du concert de Jul dans la fosse entre les mal odorants et psychopathes, était d'explorer mon potentiel de femme. Quelqu'en soit la manière, il était devenu monnaie courante pour moi de marcher sur les gens. J'étais devenu une bête au sens strictement animal.Un dauphin appâté par une sardine médicamenteuse dans l'absolu. 

Paradoxalement, c'est un homme qui me revêtit d'un semblant d'humanité.

Lorsque nous nous sommes rencontrés pour la première fois, mon coeur fut renversé. Je me trouvais paralysée de la première phalange jusqu'au gros orteil de mes pieds en forme de palme de canard. Mon amour fut immédiat et n'a jamais cessé d'être. Il m'enveloppa entièrement de ses bras musclés et brisa instantanément le sort qui m'avait probablement été jeté par un oracle haineux alors que je gazouillais innocemment quelque part dans un hôpital de la banlieue parisienne.

Avec cet homme, j'appris le respect, le pardon, la générosité, la spiritualité et l'humanité. Je compris par des actes d'amour que mon corps était bien plus qu'un vaisseau censé communiquer pour se plaindre, chier et péter à longtemps de journée. Je réalisais, l'année dernière, que j'étais prête à baisser le rideau sur qui j'avais été. Revelare velum. 

Je trouvais finalement, la liberté la plus totale, dans cette puissante divinité que j'avais toujours rejeté par haine des conventions. Cependant, le mammifère demeure une espèce aux caractéristiques génériques. On comprend une fois, lorsqu'on donne son coeur à Dieu, ce que des millions de personnes ont ressenti dans ce don de soi. Une liberté incroyable qui dépasse l'entendement d'une conscription de liberté humaine. Grâce à lui, je me suis révélée à moi-même. Cette personne, plongée dans un coma profond, vint à la surface.

C'est dorénavant une vie pleine de couleurs écarlates, d'amour, de partage et de poésie. C'est ma vie et j'en suis heureuse de vous la partager.

" and that they may come to their senses and escape the snare of the devil, having been taken captive by him to do his will. 

 

Posté par renaissancerose à 03:03 - Permalien [#]